Compte-rendu “Cèchéqui” du 6 octobre 2012

Entendre le langage non verbal
et Rejoindre “l’enfant blessé” chez l’adulte en thérapie

Chez Elisabeth Délétroz-Musset

Décrypter, mettre à jour l’émotion et le ressenti d’enfant chez l’adulte en thérapie : un enjeu dans le processus thérapeutique ?

Ce qui m’intéresse particulièrement dans la posture thérapeutique c’est comment accueillir l’autre dans sa posture corporelle et le langage non verbal, comment le rejoindre dans son vécu profond, ses besoins les plus fondamentaux ….

C’est à partir de là que j’ai construit une proposition de travail dans le cadre d’un céchéqui, il me semble intéressant que nous puissions en tant que thérapeutes vivre de « l’expérientiel » dans du « psycho-corporel » pour tenter de rejoindre le vécu d’enfant en nous afin ensuite d’accueillir, de soutenir le processus chez les personnes qui cheminent avec nous.

J’avais programmé un échange en petit groupe puis plusieurs situations expérientielles à 2 et enfin un temps de partage tous ensemble. Nous étions un peu plus d’une dizaine.

Voici ce que m’ont retransmis 2 des participants à la rencontre

Voici un petit écho de notre matinée chez Elisabeth à Faye d’Anjou, dans la campagne des vignes du Layon. Sur cette petite route matinale, le soleil donne à la vallée de la Loire tout son éclat.
Après m’être égaré dans le vignoble, ayant croisé le chemin improbable de trois chevreuils, j’ai rejoins ce petit havre qu’est le Moulin de Jumeau.

Du feu dans le poêle, j’ai apprécié l’accueil chaleureux d’Elisabeth dans son cabinet, encore sans nom, “L’atelier” peut-être, en tout cas endroit magnifiquement restauré, magnifiquement situé. Le décor posé, l’ambiance installée, nous avons plongé d’emblée au cœur du sujet, notre enfant intérieur. Un retour sur notre propre thérapie avec ses moments forts, la posture d’alors de notre thérapeute, ce qui a fait grandir. Et puis trois exercices partagés avec un autre, des autres : expérience de soutien, d’aller vers, de lâcher prise, d’appui, de demande, d’accordage, de coconstruction…
Trois vécus très riches, échos des premiers contacts de mon enfant intérieur encore bien vivant, je vous l’assure. Depuis cette expérience très intime, je vis avec le tableau de Edvard Munch “Le cri”, 1893, et ça travaille !
Merci à toi Elisabeth et à tous les membres du petit groupe pour ce profond partage, un peu trop court sans doute.
Ah, j’allais oublier ce Coteau du Layon, délicieux.
Christophe

 

Ta proposition fut pour moi un moment de plaisir corporel partagé, je me suis sentie rejointe dans mes préoccupations actuelles de thérapeute, comme un poisson dans l’eau.
Je continue mon chemin avec cette notion de lâcher prise/ pousser, prendre appui et cette ouverture sur le tendre vers avec mon corps, mes yeux, ma bouche, mes bras, où va mon appétit ? Comment je le ressens et le manifeste, ce que je sens de l’autre dans cet élan, qu’est-ce qui se co-construit ? Je vais continuer avec cette attention particulière au tendre-vers-corporel.
Anne-Cécile

PHG : p.129 – Les ressentis de l’enfance sont importants parce qu’ils constituent certains des plus merveilleux pouvoirs de la vie adulte qu’il s’agit de recouvrer :
-la spontanéité
-l’imagination
-le caractère direct de la conscience et de manipulation .
-Dans mon propre chemin thérapeutique, je remarque qu’à partir du moment où je me suis sentie rejointe dans mon ressenti d’enfant, non jugée, comprise dans mon besoin il y a quelque chose d’important qui s’est passé pour moi dans le processus thérapeutique et dans la relation à mon thérapeute ; il y avait comme un « enfin ! », comme si cela faisait bien longtemps que je cherchais cela sans le savoir vraiment.
-De plus en plus dans ma pratique, j’observe que lorsque le besoin de l’enfant, toujours présent chez l’adulte qui est devant moi vient en figure pour moi, ou est conscientisé par le patient, il y a quelque chose qui se passe, comme un tournant dans le processus thérapeutique.
Je fais donc l’hypothèse que l’enjeu que je nomme est important et même essentiel pour le cheminement, en tout cas dans ma pratique, est-ce dû à mon parcours professionnel, à ma sensibilité personnelle ? Cela m’intéressait d’échanger, d’entendre le point de vue, l’expérience de mes collègues et d’ouvrir la réflexion…
Grand merci à tous ceux qui ont bien voulu s’ouvrir à l’expérience et au partage, en tout cas
cela a été pour moi l’occasion d’une belle aventure.

Elisabeth