Compte-rendu “Débuter… transmettre” du 21 janvier 2016

La “demande” du patient

 

Présent-e-s: Sylvie Teneul, Hélène Potié, Marie-Claire Bouvattier, Christophe Dronneau, Marie-thé Vende-Hamon, Caroline Derouault et Christiane Beck

En guise de compte-rendu quelques éléments – notes – bribes (non-exhaustifs) de notre réunion bien animée :

 

Le terme “demande” semble trop relié à la psychanalyse et s’oriente vers “ce qui ne va pas”, fait référence à un diagnostic.

En Gestalt-thérapie il s’agit plutôt du travail thérapeutique à partir d’une rencontre. Observer, ressentir ce qui se passe lors de la première séance. Travail à partir de ce qui a été présenté par le patient comme difficulté, certes, mais chercher à voir aussi “la case opposée – ce qui va”.

Par exemple : Pour quelqu’un qui vient pour un problème de TOC, s’apercevoir et rendre visible que ce TOC n’est pas apparu lors de la séance.

La recherche d’une pathologie laisse ainsi plutôt la place à la question “Qu’est-ce qui vous amène, vous donne le courage de venir, de venir maintenant?”

Parfois la demande, le questionnement arrive plus clairement, prend davantage forme après un certain temps, même après plusieurs séances. Souvent, le problème énoncé par le patient est une sorte de porte d’entrée, le “prétexte”, pour entamer un travail sur soi.

La demande est la partie apparente d’un besoin qui peut être bien plus large, comme le besoin d’écoute par exemple.

Raisonner en terme de besoin donne un petit espace, un décalage qui permet de décoller du contenu. Et aussi, l’expression du besoin ouvre à une autre dimension car le besoin passe par un ressenti corporel.

Poser une demande suppose que la personne soit capable de dire.
Parfois le vrai besoin n’est pas dicible.

Une question – parmi d’autres – qui peut donner un éclairage en début d’une thérapie :
“Qui ne doit pas être au courant de ma démarche thérapeutique ?”

 

L’outil d’une grille de lecture (quelle approche?) a été évoqué pour des situations paraissant très floues, où la “demande” a du mal à prendre forme :

D’abord se pose la question de base : Est-ce que le patient semble avoir une bonne volonté pour travailler?
Ensuite est proposé au patient une auto-évaluation du degré de sa souffrance (à noter entre 1 et 10). Pour poursuivre par la question jusqu’où (entre 1 et 10) il veut avancer lors de son travail thérapeutique. Cela pose une sorte de cadre.

Dans la situation de travail avec des enfants (ou avec des couples), sont à distinguer la ou les demandes des différentes parties. L’enfant n’a pas forcément les mêmes attentes que ses parents, idem pour les couples.

Par rapport au travail avec des enfants, le protocole suivant a été partagé :
Pour la première séance, faire en sorte que les parents demandent à l’enfant – de la part du thérapeute – s’il/elle veut venir seul-e ou avec ses deux (!) parents. En cas d’impossibilité de voir les deux parents, l’enfant sera reçu seul…

Il parait parfois utile de demander les coordonnées du parent “manquant” pour pouvoir le contacter directement et insister sur l’importance de sa présence.

Christiane Beck